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Le cri du papangue

Alors que j’étais en train de créer des séries d’illustrations pour ma boutique en ligne, je suis retombée sur cette ancienne photo, de 2011. Son histoire est assez extraordinaire…

Ma compagne et moi étions en train de faire une petite promenade. Nous parvenions tout juste au sommet d’un petit pic, dans la brume. Ce jeune papangue (le seul rapace vivant en permanence à la Réunion) nous tournait autour en volant, et en poussant des cris insistants à notre encontre.

Lorsqu’on passe beaucoup de temps en nature à la Réunion, il n’est pas si rare de croiser cet oiseau. Bien que son comportement était étrange, je ne m’étais donc pas souciée de lui plus que ça, si ce n’est que son vacarme perçant me vrillait les oreilles.

Pour tout matériel photo, j’étais équipée de mon ancien Canon 50D et d’un zoom 17-55 mm f/2.8. Autant dire qu’il ne me serait même pas venu à l’idée de tenter de le photographier. Ce matériel n’est absolument pas adapté à de la photo animalière, surtout des oiseaux.

Jusqu’à ce que ma compagne, restée un peu en arrière sur le sentier, commence à s’enthousiasmer au plus haut point. Elle m’appelle de manière insistante.

« Il est posé, là juste devant moi !
— C’est cool, profite bien alors… ^_^
— Mais viens faire une photo bon sang, il est tout près !
— Impossible, dès que je vais approcher il va s’enfuir… »

Elle insiste tellement, que je finis par obtempérer. En arrivant vers elle, je découvre une scène surréaliste. Le rapace est posé à 6 mètres d’elle à tout casser, et la regarde fixement, en continuant à pousser des cris réguliers. Je n’ai encore jamais vu un papangue s’approcher aussi près d’un humain.

Je n’essaie même pas de me cacher : avec sa vue incomparable, il m’a parfaitement vue approcher, je le sais. Son regard se pose en alternance sur ma compagne, puis sur moi, puis à nouveau sur elle. Doucement, je dépasse ma compagne, et continue à m’approcher de l’oiseau. Et à m’approcher encore. Et encore. Il continue à crier vers moi, mais ne semble pas vouloir s’enfuir. J’ai l’impression de vivre un rêve éveillé.

Je suis parvenue assez près de lui pour pouvoir faire une demi-douzaine de photos au 55mm, en prenant mon temps. Un véritable miracle de photo animalière. Puis, au bout de quelques secondes, il finit par s’envoler, toujours en criant.

9 ans plus tard, je ne sais toujours pas pourquoi ce jeune papangue a agit comme ça, avec si peu de crainte envers les humains — alors que son espèce a été décimée par la nôtre. Il semblait perdu, et appelait peut-être ses parents. Le mystère reste entier, et c’est très bien comme ça…

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